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Mercredi 20 février 2008
Initié par Jacques Chirac à la veille du referendum sur le traité constitutionnel, les heures sont comptées pour l’article 88-5 de la Constitution française, obligeant un referendum pour tout nouvel élargissement à l’UE au terme du processus de négociation et de ratification d’un pays candidat.

Les risques du verrou référendaire

Il s’agissait à l’origine d’apaiser les peurs des Français face à une éventuelle adhésion de la Turquie. Mais ce « verrou » se révèle être une véritable bombe à retardement : en plus de lier les mains du Président, les Français risquent ainsi de claquer la porte à des pays légitimes d’appartenir à terme au club des 27, tels que la Macédoine, les pays des Balkans… La France, ainsi mise dans une position délicate, pourrait voir sa position s’affaiblir au sein de l’UE.
M. Jouyet, secrétaire d’Etat aux affaires européennes et connu pour ses convictions europhile et turcophile, a donc décidé de dénoncer haut et fort ce que la classe politique pense tout bas devant le comité Balladur sur la réforme des institutions.

La pirouette du chef de l’Etat

Les Français sont et resteront frileux concernant l’adhésion de la Turquie. Mais le Président Sarkozy quant à lui sème le trouble. Jouant à chien et chat, il passe du candidat d’un partenariat privilégié avec la Turquie au Président relançant les négociations avec ce même pays. Mais cette stratégie permet avant tout de gagner du temps en mettant sur la table trente chapitres ne traitant pas de l’adhésion.
En effet, la situation peut s’inverser en un rien de temps. En Turquie tout d’abord, où l’europhilie de la population semble s’essouffler. De plus, la manière dont l’Etat résoudra la situation au Kurdistan sera déterminante dans le processus d’adhésion. Tout dépend également de l’avenir du projet d’Union Méditerranéenne, sortant tout droit du chapeau sarkozien : rien ne dit que faire les yeux doux à Angela Merkel, avocate de la position officielle européenne depuis son élection, ait les effets escomptés.

Mais rien n’est joué tant que l’UE ne sait pas exactement quel élargissement elle souhaite. Sans véritable projet politique, elle ne pourra pas se construire une identité et s’imposer comme une actrice majeure dans l’arène mondiale.
Par mymy - Publié dans : europe
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