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Jeudi 10 janvier 2008

welcome-photos.gif Tous les médias en ont parlé il y a quelques jours suscitant une vive polémique : les Britanniques aiment notre France. Au point même de s’y installer et donc de vouloir bénéficier du système de santé français. Devant le vide législatif, l’UE attend d’ailleurs le règlement d’application pour faire entrer en vigueur le nouveau règlement de la sécurité sociale (883/04).

Le plus souvent, se sont des couples de  retraités qui cherchent à s’installer, mais aujourd’hui,  beaucoup de jeunes actifs et leurs enfants sont également attirés vers notre cher hexagone. Une association s’est même créée devant ce phénomène de migration intra-européenne dans une des plus petites régions de France mais que les Britanniques apprécient énormément : le Limousin.

Welcome en Limousin a été créée par la Chambre de Commerce de Limoges lorsque les low-cost ont été mis en place entre la Grande Bretagne et Limoges il y a quatre ans. Très rapidement, la nécessité d’une structure d’accueil en langue anglaise et celle de faire connaître la région aux ressortissants britanniques se sont imposées.

Madame Wendel est l’une des animatrices de cette association : son rôle est d’être présente à l’accueil de l’aéroport et de distribuer de la documentation touristique sur la région, ainsi qu’un annuaire professionnel en anglais élaboré par l’organisme. Cette vague venue d’outre manche a créé en effet un marché très juteux dont les professionnels de la région ne peuvent se passer…


A la recherche d’une meilleure qualité de vie 

Mais qui sont ces ressortissants britanniques et que cherchent-ils ? Des études ont été faites, et selon Madame Wendel, ils sont originaires des régions desservies par les principaux vols, comme la région londonienne, Manchester, Liverpool, Southampton, Newcastle ou Nottingham.

 « Les retraités britanniques cherchent avant tout en France et dans le Limousin une vie paisible, avec de l’espace et moins d’insécurité. De même, les prix sont plus abordables que chez eux, dans le quotidien et l’immobilier. En effet, les prix étant devenus inabordables dans les destinations principales des résidents secondaires européens, telles que le Périgord et le Quercy, le choix du voisin le Limousin est bien moins coûteux.

« Les jeunes actifs viennent quant à eux avec des projets de travail, soit en cherchent, soit ont une activité en Angleterre et font des allers-retours. »

Selon les chiffres recueillis par l’animatrice en consultant les mairies, le Limousin comptabilise environ 3200 Britanniques ayant une résidence principale en France, et 4800 ayant une résidence secondaire. En résumé, à peu près 8000 Britanniques sont recensés dans la petite région du Limousin.

Pour Madame Wendel, on retrouve régulièrement les mêmes motivations des Britanniques dans le choix de la France plutôt qu’un autre pays européen : selon nos Britanniques limousins, la France est un beau pays doté d’une qualité de vie très recherchée, en particularité un art de vivre français réputé (gastronomie, richesse de la culture, architecture, histoire) ; sans compter ce qu’ils considèrent comme « le meilleur système de santé européen » (en particulier avec des délais d’attente bien plus courts qu’en Grande Bretagne).

 

Une facile intégration ?

Il arrive que quelques Britanniques revendent leurs résidences françaises pour retourner en Grande Bretagne, ou, pour certains, aller vers les pays de l’est, phénomène de mode oblige.

Cependant, de manière générale les Britanniques rencontrent peu d’obstacles concrets, surtout depuis la facilitation des déplacements avec les low-cost.

A l’installation, la barrière de la langue survient rapidement, ainsi que la mauvaise évaluation des budgets, les Britanniques ne connaissant pas le poids des taxes et la lourdeur de l’administration française.

Un exemple d’échec d’intégration, assez fréquent malheureusement selon Madame Wendel,  se fait au moment de l’installation en France de jeunes actifs pleins de projets qui cherchent à monter une entreprise. Ils se retrouvent très rapidement dans des situations d’illégalité devant les lois françaises, qui sont très différentes des lois anglaises. En effet, la Grande Bretagne est un pays où la création d’une entreprise peut être faite en seulement quelques heures, ce qui est loin d’être le cas dans l’hexagone.

Pour la porte-parole de Welcome en Limousin, il existe encore des « frontières » dans l’UE : les européens se rencontrent avec leurs fonctionnements propres. Les Britanniques viennent souvent avec l’intention de fonctionner comme en Angleterre, mais se heurtent vite aux différences culturelles. Par ailleurs, la France Il n’y a plus vraiment de frontières matérielles en Europe mais il existe encore la barrière de la communication interculturelle… ayant une forte identité régionale, l’intégration se fait alors plus difficilement.

 

Par mymy - Publié dans : europe
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